Le Moulin felquiste 1
Au moment d’écrire ces lignes, le Moulin à paroles bat son plein sur les Plaines d’Abraham à Québec. Les plus perspicaces d’entre vous comprendront que je n’y suis pas. Et comme le sujet touche particulièrement une corde sensible de la philosophie volontariste/libertarienne que j’adopte depuis quelques mois, je souhaitais partager mon point de vue sur l’événement.
Je tiens aux libertés individuelles comme à la prunelle de mes yeux. L’humain, étant doté d’une conscience et de la parole, a un droit fondamental et indéniable de s’exprimer. Emprisonner ou couper la langue de ceux qui osent dénoncer des situations ou des régimes autoritaires doit être considéré comme un crime contre l’Homme et son humanité. Selon moi, c’est une loi naturelle et universelle qu’il n’est pas nécessaire de mettre sur papier.
Personnellement, je ne souhaite pas que les gouvernements empêchent une personne d’exprimer, notamment, son racisme envers les arrivants des autres pays parce que 1) je suis très critique des informations que je reçois, je suis donc difficilement influençable; 2) j’ai aussi la liberté naturelle de m’associer à qui je veux. Il est donc rare de me voir fréquenter les individus ou les entreprises qui cautionnent ce genre de raisonnement. (Si je voulais pousser la réflexion un peu plus loin, je vous dirais que les lobbys sont dans les patates lorsqu’ils quémandent au gouvernement fédéral des modifications au Code criminel pour «l’incitation à la haine envers…». Ils devraient demander plus de cours de philosophie à l’école)
Le débat ici n’en est pas un de la souveraineté contre le fédéralisme, de la gauche contre la droite ou des anglais contre les français; il porte sur le bien-fondé de tenir un événement public pour commérer une bataille historique où il sera tolérer qu’on y lise un Manifeste écrit par des terroristes dont les actions ont détruit, blessé et tué. De la violence gratuite* à l’état pur.
Question ouverte: Aurait-on accepté les musulmans à venir lire un discours «alquaedien» hier à Ground Zero pour commémorer le 8e anniversaire des attentats du 11 septembre? Aurait-on accepté une lecture publique d’un numéro du Völkischer Beobachter lors du 65e anniversaire de la libération d’Auschwitz?
Pour moi, la réponse est non. Non parce que ce n’est pas respectueux envers les victimes, leur famille et tout ceux qui ont souffert directement ou indirectement de ces drames qu’il y aie eu 5, 10, 15, 3 000 voire même 1 100 000 de morts.
Regardez bien la liste des lecteurs du Moulin et dites-vous que j’ai fini d’encourager leurs initiatives futures, incluant tous les politiciens présents. Je laisse le bénéfice du doute aux spectateurs me disant qu’ils n’applaudiront certainement pas tous Luck Mervil. Vous trouvez que je pousse loin? C’est pourtant la même chose que les Montréalais proposent pour se faire servir en français dans les commerces: cesser de les fréquenter pour faire passer votre message. C’est la base du volontarisme!
*Dans mon livre, la violence non gratuite est celle qui est commise dans un dessein de légitime défense de la vie et de sa propriété.